en début de saison, les truites friandes de grosses bouchées, ont besoin de protéines et ne dédaignent pas les grosses proies.
Donc pour pallier un manque, si c’est le cas, je vous propose la réalisation d’une nymphe conséquente pour attirer l’attention de dame Fario ou autres salmonidés.
Hameçon : courbe #10 – Corps : bord de gant en latex – Sous corps : soie polyfloss crème – Ailes : plumes de poitrail de colvert – Thorax : dubbing de lièvre olive ou naturel et une pincée de sabres de faisan sur le dessous- Yeux : chainette de lavabo – Fil de montage : 10/0 blanc ou crème .
Le montage est assez simple en soi celui-ci a été réalisé avec le bord de gants médicaux. Pour les yeux de la nymphe, de la chainette de lavabo, que vous aurez préalablement sectionné par paires, à l’aide d’une pince coupante.
Fixez une paire d’yeux à l’arrière de l’oeillet, par des enroulements en croix, consolider avec une goutte de colle rapide, pour plus de solidité.
Amenez votre fil de montage vers l’arrière juste au dessus de la courbure, puis fixez le latex, ,formez un sous corps avec la floss, puis bloquer au niveau du thorax, avec le fil de montage 10/0
Parez deux plumes de poitrail de colvert, pour réaliser les naissances des ailes de la nymphe.
4.Les fixer de chaque côtés du thorax, ainsi qu’une pincée de sabres de faisan, qui restera sur la partie inférieure du thorax (dessous).
5. Préparez une boucle à dubbing, emprisonnez du poils de lièvre olive ou naturel, puis enrouler le tout pour former un thorax bien fourni jusque derrière les yeux de la nymphe.
6. Faire quelques demies clés (wipfinish), bloquez et couper l’excédent de fil.
Ecdyonurus Venosus, est de la famille des éphéméroptères, il est facilement reconnaissable à son vol pendulaire. L’insecte possède deux longues cerques, un abdomen brun ou lie de vin, les ailes sont veinées et plutôt gris clair ou brunes selon qu’il soit subimago ou imago.
Ecdyonurus Venosus photographiè sur le Guiers vif lors d’une émergence massive.
Il fréquente les courants vifs ou moyens , avec des galets, des blocs ou du gravier, les émergences d’ecdyonurus peuvent être visibles dés la fin de matinée, en après midi, voire même jusque plus tard avec le changement d’heure.
Pour tromper la vigilance de dame fario, voici un montage assez simple à réaliser.
Hameçon : Dohiku #12 – Cerques : 2 sabres de faisan – Sous corps : fil de montage – Abdomen : herl d’oie (aux plumes d’Or Elle) – Thorax : dubbing de lièvre (mélange noir/bordeaux) – Sac alaire : soie floss noire : Ailes : 4 plumes de cdc gris – Fil de montage : Veevus marron 12/0 .
un peu d’oxygénation hier aprés midi, une session de 3 heures à peine, ça m’a fait du bien de me retrouver enfin au bord de l’eau !
Ce début d’après midi, commence par la prise d’une jolie truite, un bon 40, mais hélas , je n’ai pas eu le temps de la mettre à l’épuisette, elle s’est dépiquée en plein courant.
Ensuite, j’ai eu un passage à vide durant quelques dizaines de mètres de rivière, peignant les courants, les bordures, derrière les blocs, avec mes nymphes, rien ne bougeait, elles étaient vraiment calées.
Puis, en début d’après midi, est apparu une belle émergence d’Ecdyonurus Torrentis, cela à suffit à faire bouger quelques truites, du moins celles que j’ai réussi à prendre, certes peut être qu’il y en avait d’autres, en tout cas je ne les ai pas prises, et si c’était le cas, elles ont boudées mes nymphes !
Peu importe, le sourire est revenu lors de ce joli doublé, alors que je pensais avoir pris une très grosse truite. Ce n’est qu’une fois qu’elles étaient dans mon champ de vision, que je me rendit compte qu’il y en avait deux, chacune d’elle partant de son côté, je réussi tant bien que mal, à les faire rentrer dans la filoche.
Je reprendrais deux autres truites, soit avec celle de décrochée soit seulement cinq truites, mais je ne vais pas bouder mon plaisir.
Sur le sentier au retour, j’ai de nouveau une belle surprise, en trouvant cinq morilles, sous mes pas, j’ai même failli leur marcher dessus, j’ai eu beau fouiller le périmétre environnant, je n’en ai pas trouvé d’autres.
Ce fut un bel aprés midi de printemps, malgré cette eau glacée et ce vent du nord qui m’a considérablement gêné, en créant une bannière lors des passages dans les veines de cette eau émeraude.
Merci de m’avoir lu, à très vite pour un nouveau récit de mes futures sorties de pêche !
Après ce moment de folie du 1er avril et que le soufflet est retombé, je reviens aux choses sérieuses, avec la confection de ce Bubble Sedge.
Hameçon : Courbe #12 – Corps : Dubbing de lièvre naturel – Ailes : 2 plumes de cdc – Naissance des ailes (côtés) : flanc de cane naturelle- Antennes : 2 sabres de plumes de queue de faisan – Tête : Fil de montage noir 12/0.
Étapes de montage :
Après avoir fixé l’hameçon dans les mors de l’étau, fixer le fil de montage et ramenez celui-ci jusqu’au dessus de la courbure.
Préparez deux plumes de cdc, puis les fixer par les pointes juste au dessus de la courbure.
Formez une boucle à dubbing, insérer un dubbing de lièvre naturel, entre les deux fils et twister le tout
Lorsque votre mèche à dubbing est prête, former le corps en l’enroulant sur les trois quart de la hampe, bloquez avec le fil de montage.
Ensuite, prenez les deux plumes de cdc entre vos doigts, puis les rabattre par dessus le corps, veillez à ce que ces plumes soient en forme de ballon de rugby (exemple de la photo), bloquez avec le fil de montage.
Passez à la mise en place des naissances d’ailes, en prélevant une 1ère pincée de flanc de cane, que vous fixerez sur un côté, bloquez et renouvelez l’opération pour l’autre côté.
Pour la fixation des antennes, prélevez deux sabres de queue de faisan et les fixez derrière la tête, les pointes dirigées vers l’avant, amener le fil de montage au pied des ailes et former une boucle à dubbing.
Insérez une peu de poils de lièvre (dubbing), entre la boucle et twister pour obtenir une petite mèche, qui vous servira à former le thorax.
Faire passer sur le devant et l’arrière des antennes, par un ou deux tours, en prenant soin de redresser légèrement ces dernières.
Puis faire la tête avec le fil de montage, puis boucler légèrement les antennes avec le dos d’une lame de cutter (voir photo).
je vous propose à la lecture, le récit de Fabien Francès, moucheur passionné et amoureux de la nature, comme nous autres.
Biographie de Fabien en quelques lignes : Il est né à Toulouse et a vécu à Reynès en Vallespir prés de Céret dans le 66. Depuis 2010, il émigre au Royaume uni, tout d’abord à Peterborough . Depuis 2013, il vît à Londres à la suite d’un long parcours professionnel en informatique et, est devenu depuis novembre 2021, Directeur du service Stratégie Cloud.
A la découverte de la Zygaena
C’était la fin de l’été, au moment où l’on approche la fin de la période de pêche, je pensais alors à ma saison de pêche à la mouche en lacs de haute montagne, et lorsque l’on parle de haute montagne, c’est au dessus de 1500 mètres d’altitude.
En ce mois d’août 2006, alors qu’il ne restait que quelques jours de pêche avant que l’automne ne fasse réellement sentir son arrivée sur les montagnes. Je visionnais dans ma tête quelques unes de mes plus belles sorties. Le vent, la pluie, les orages, la grêle même, n’avaient pu stopper mon enthousiasme de retrouver ces rives sauvages, ces étendues d’eaux posées au flanc des montagnes comme des joyaux au cou d’une déesse, en fait ce n’était pas une déesse mais plutôt la jolie Pyrène.
Une sortie en particulier conservait une impression d’inachevé dans mon esprit, comme la perception d’une nouvelle piste, mais aussi un sentiment d’échec, une perplexité déconcertante en repensant à cette journée. Je m’étais levé très tôt ce jour là, car je savais que la route était longue, une heure trente à deux heures selon la météo, en montagne il faut toujours être extrêmement vigilant. La route serpentait au fond d’une longue vallée, avant de tourner pour attaquer le col, une montée longue et sinueuse, tantôt sous le couvert des arbres, mélange de feuillus et de résineux. Tantôt au milieu de paysages lunaires, avec des rochers gris et noirs, bordant un abîme grandissant.
Lorsque je passais la frontière espagnole, c’était encore nuit noire, et à chaque virage la surprise possible d’un lièvre, d’un renard ou d’un chevreuil bondissant dans les phares. Après une longue descente dans les forêts par une route plus large mais toujours sinueuse, j’arrivais dans une grosse bourgade espagnole. Les gens dormaient et les commerces étaient fermés, peut être dans une heure les boulangeries commenceraient à sortir leurs pains du four, c’était encore beaucoup trop tôt pour un croissant frais… Après cette bourgade, la route remontait à nouveau, cette fois du côté espagnol, se dirigeant vers la France. Une route longue et de plus en plus étroite et devenant très pentue vers les sommets des crêtes avoisinantes.
Finalement arrivé bien avant l’aube dans la fraîcheur du matin, je contrôlais la préparation du sac à dos avec tout le matériel de pêche, les chaussures de randonnées aux pieds et les bâtons dans les mains, je m’avançais dans la nuit noire, avec l’assistance d’une lampe frontale.
Après un long chemin, et plusieurs lacets sinueux, un long passage sur un plateau me permettait de discerner dans l’ombre et grâce à la lumière de la frontale, les yeux brillants d’isards en groupe pas très loin de mon passage.
A ce moment là, la première épreuve était le passage d’un col assez élevé, avec une ascension longue mais sinueuse, et qui laisse le temps de progresser sans trop d’efforts.
Puis ensuite une descente encore plus longue vers une vallée espagnole, et une autre remontée vers la frontière française cette fois. Et c’est en atteignant la crête frontière, que l’on réalise le chemin parcouru depuis la voiture. Une crête très élevée donnant une vue panoramique à 360 degrés entre la France et l’Espagne. Une position unique pour voir les montagnes à perte de vue.
C’est à cet endroit que j’avais trouvé quelques années auparavant, un accès discret par une cheminée assez dangereuse pour ne tenter seulement que quelques rares randonneurs. Et cette cheminée menant juste au dessus du lac que je convoitais.
Imaginez un instant, depuis la France pour atteindre ce lac, c’est une randonnée de 6 heures minimum pour un bon marcheur. Et en passant par mon parcours secret, j’arrivais au lac tant convoité en juste 2 heures et 15 minutes. Cette différence me permettant d’organiser des sorties d’une journée aisément alors que la route française oblige le bivouac pour une nuit au minimum.
J’arrivais finalement au bord du lac alors que le ciel commençait à s’illuminer doucement, et que les étoiles disparaissaient. J’avais déjà depuis la crête mon esprit en ébullition, déroulant dans ma tête le scénario de la préparation, mes yeux regardant la surface du lac pour détecter une quelconque activité. Mon cerveau bouillonnait par anticipation d’une journée magique… ou pas. Je savais très bien que ce lac particulier était peuplé uniquement de truites farios d’une souche sauvage autochtone. Ce qui rendait l’expédition encore plus excitante.
Ce jour là, le vent était de la partie, de longues rides se déroulaient sur la surface du lac, des vaguelettes créant constamment un mouvement de surface. Ces conditions étaient souvent un bon signe pour la pêche à la mouche, car la surface de l’eau troublée et instable, diminue la vigilance des poissons, simplement en brouillant leur vision de ce qui se passe en surface. Mais la météo, souvent imprévisible en montagne, commençait déjà à changer. A ce moment particulier juste avant l’aurore, alors que la nuit et les étoiles disparaissaient doucement, je pouvais apercevoir des nuages qui montaient de la vallée en direction de la France, à cette altitude, brouillard et nuages ne font qu’un.
J’arrivais sur les rives de ce lac d’altitude unique, qui est pour toujours un lieu sauvage exceptionnel dans ma mémoire. Je déballais mon matériel, je me trouvais un endroit pour laisser mon sac, mes affaires, un endroit où je reviendrais plus tard pour casser la croûte. Pour le moment, l’excitation était à son paroxysme, la surface de l’eau était agitée, et déjà de nombreuses chasses violentes en surface laissaient présager d’une journée exceptionnelle. Les belles Farios étaient de sortie, et quelques poissons exceptionnels me donnaient un véritable spectacle de si bonne heure le matin.
Alors que je commençais à préparer mon matériel, je remarquais d’étranges insectes agglutinés sur les rives, cela ressemblait à des papillons, assez sombres, noirs même. La plupart d’entre eux étaient déjà juste l’ombre d’eux même, plutôt des cadavres à la dérive, au lieu de beaux papillons virevoltants. Les truites se gavaient de ces amas sur les rives, je voyais clairement leurs attaques sur ces papillons défunts. Je regardais autour mais je ne parvenais pas à apercevoir un seul de ces papillons à l’état imago, tous ceux que je voyais étaient déjà morts, et passablement dégradés. Difficile dans ces conditions de pouvoir se faire une opinion, et de voir clairement l’insecte.
Alors que j’essayais différentes imitations, j’eus quelques succès successif avec un gros sedge noir avec un corps rouge, un montage que j’avais fait quelques jours auparavant à utiliser lorsque les eaux sont agitées et troublées. Un bon ami de longue date m’ayant toujours rappelé que lorsque les truites dédaignent les mouches de plus en plus petites, c’est peut être juste parce qu’elles veulent une bonne grosse bouchée… Et ayant pris ses mots à la lettre, j’avais eu l’idée de monter un gros sedge sur hameçon de 10 ou 12, avec un corps en phoque rouge, une queue en chevreuil noir, et une aile également en chevreuil noir, bien épaisse. Et contre toute attente, cette mouche là m’avait surpris bien souvent à mon grand étonnement. Je l’avais également utilisée en plein brouillard pour découvrir que la légende “temps de brouillard veut dire bredouille..”, était certainement infondée, car les attaques de truites sur un lac couvert de brouillard avec ce sedge sont toujours gravées dans mon esprit tellement la soie était tirée avec vigueur par des truites affamées…
Durant la journée, grâce à mon sedge noir et rouge, j’eus quelques succès intéressant. Et après avoir fait plusieurs fois le tour du lac tout en pêchant, je trouvais finalement l’insecte dont ces truites étaient complètement affamées. Il s’agissait d’une sorte de papillon noir et rouge, avec des ailes noires bleutées, et des tâches rouges. Un bon gros papillon bien charnu, je commençais à comprendre pourquoi les truites étaient tellement affamées après ces superbes lépidoptères. Il y avait très peu d’exemplaires de ce papillon que je découvrais à peine, il semblait que j’arrivais après l’éclosion, un peu tard après la grosse fête en fait…
Ce n’était cependant que partie remise, tant j’étais intéressé par ce phénomène que m’offrait la nature, il me fallait trouver la période précise de la métamorphose de ce papillon. Après quelques recherches, je découvrais que ce surprenant papillon s’appelait une Zygène, un nom plutôt vernaculaire, en fait plus précisément et scientifiquement, j’étais en présence de Zygaena exulans. Et étant donné que nous étions au mois d’août 2006, il me fallait certainement attendre l’année suivante. Une année de patience à rechercher des informations sur ce papillon si particulier, certainement mes premiers pas dans l’entomologie, je découvrais alors que c’était un papillon aposématique, car il se signale par ses couleurs comme toxique aux prédateurs comme les oiseaux et les lézards. En cas d’attaque, il émet un liquide contenant du cyanure.
Cet aspect me fascinait, le corps de ces zygènes contenait du cyanure, et des prédateurs comme les oiseaux ou les lézards ne les touchaient pas, alertés par la couleur rouge synonyme de danger. Et pourtant les belles truites farios ne faisaient pas la fine bouche, bien au contraire et le cyanure ne les incommodait pas du tout.
L’année s’écoula doucement, et je pensais à ce papillon fascinant. Je recherchais sur l’espèce précise, la “Zygène des sommets”, l’apparence de sa chenille ainsi que celle du papillon adulte. S’il me fallait trouver la période approximative de la métamorphose, il me fallait également être prêt à toute éventualité, et avoir une imitation de la chenille, mais également du papillon adulte.
Quelle recherche intéressante ! J’étais complément en transe en lisant des articles sur le sujet, et cependant ma quête restait toujours la pêche à la mouche d’un poisson fascinant comme la truite Fario (Salmo trutta).
Finalement l’ouverture des lacs d’altitude en montagne approchait, et cela se passe habituellement le dernier week-end du mois de Mai ou bien le premier week-end du mois de Juin. Cette ouverture est souvent liée à la fonte des glaces sur les lacs d’altitude, et cette fonte peut varier d’une année sur l’autre. Je me tenais prêt et je fis quelques sorties début juin 2007, sans rien remarquer de particulier.
Je décidais alors de venir sur ce lac chaque week-end, estimant que j’aurais ainsi plus de chance de venir au moment de la métamorphose. Et c’est ainsi que fin Juin 2007, je découvrais les chenilles de Zygaena exulans, disséminées partout sur la végétation très rase, avec quelques rares rhododendrons. Il y en avait une quantité phénoménale, certainement une preuve d’un biotope idéal pour ce papillon d’altitude.
Mon excitation était alors a son comble, car je sentais que je ne pouvais pas manquer la période de la métamorphose. Je regardais attentivement les photographies prises précédemment sur des sujets tardifs, essayant de préparer une imitation au plus proche de ce papillon. Bien sûr, j’avais mon gros sedge noir et rouge qui avait déjà bien fonctionné, mais je souhaitais réaliser un montage un peu plus proche et réaliste de ce papillon.
Je décidais de monter une imitation sur hameçon de 12 (Tiemco TMC 100) avec un sous corps fait en fil noir, puis une chenille noire fine pour faire le corps, et un second passage avec une micro chenille jaune clair en la passant entre les tours de chenille noire, et en l’enfonçant légèrement pour que la couleur s’estompe dans le noir, mais procure néanmoins les légères stries jaunâtres donnant cet effet “annelé” au corps du papillon.
La sous aile était faite avec un cul-de-canard noir bien touffu pour procurer une bonne flottaison, mais pas trop car ces papillons lourds une fois tombés sur l’eau ont une tendance à pénétrer le film de surface facilement, le papillon étant souvent dans la pellicule de l’eau de surface.
Les ailes étaient faites avec des plumes de pintade teintées en rouge, donc les points blancs étaient devenus rouge grâce à la teinture. Je prenais la peine de vernir le dessous des ailes avant de faire une découpe au ciseau pour imiter la forme des ailes de Zygène au plus proche.
Puis la tête faite en fil noir avec deux antennes faites avec du poil de chevreuil teinté noir.
Au final j’obtenais une mouche plutôt réaliste, avec des proportions correctes, mais cependant une mouche assez “grosse”. Il faudrait sûrement pêcher avec une pointe solide en 16/100, voire 18/100. Il était hors de question de pêcher par temps clair sur une surface limpide et comme un miroir, mais plutôt avoir la chance de bénéficier d’une météo chargée avec du vent certainement. Les conditions idéales qui fournissent souvent une nourriture additionnelle aux truites farios.
Lorsque l’on pêche à la mouche, les deux premiers atouts indispensable au moindre espoir de réussite, sont l’observation, et ensuite la présentation. En basant votre pêche sur ces deux valeurs essentielles comme base de départ, vous vous assurerez un pourcentage de succès beaucoup plus élevé. Bien entendu tout le reste compte, la préparation du matériel, la technique de lancer, de poser etc… Mais toute cette maîtrise sans observation ni présentation sera probablement et inévitablement vouée à l’échec.
Lorsque l’on pêche à la mouche en lac d’altitude, les truites sont très opportunistes peut être encore plus qu’en rivières. Sur une rivière, les poissons ont des habitudes facilement identifiables, des circuits et des postes faciles à lire pour un pêcheur expérimenté.
Sur un lac, c’est une toute autre approche, il peut y avoir des courants ou très peu, il peut y avoir des arrivées d’eau ou pratiquement aucune, il peut y avoir des arbres ou bien au contraire une végétation rase et éparse. Les poissons suivent souvent les effets météorologiques, les brusques changement sont favorables car ils créent des affluences d’insectes, le vent notamment est votre meilleur allié. En effet, beaucoup d’insectes terrestres comme les petits scarabées, les fourmis, les coccinelles, les sialis seront poussés par le vent, ou bien tomberont de la végétation rivulaire. Et lors de journées ventées, prenez le temps d’observer les bordures car il y a de grandes chances que les plus beaux poissons se tiennent près du bord, prêt a gober sur le moindre signe d’un insecte terrestre tombant de la rive sur l’eau. Avec le temps passé au bord de l’eau et la multiplication des sorties, les bredouilles s’espacent, et une certaine acuité, un certain instinct se développe pour qui se donne la peine.
Je remontais toujours cette longue route vers cet étang d’altitude, avec l’espoir soudé à l’âme, plusieurs fois durant le mois de Juin, puis le mois de Juillet, pour finalement parvenir fin Juillet sur le site au meilleur moment, en plein milieu de la période de métamorphose. Je ne pourrais pas dire à quoi ressemblait la chrysalide, ni même où la métamorphose se produisait, il est parfois préférable de laisser à la Nature certains de ses secrets, par pudeur peut être, mais surtout par respect. J’étais simplement trop fasciné et exultant pour attribuer une quelconque attention en dehors de tous ces papillons disséminés partout sur les rhododendrons mais également la pelouse d’altitude et la végétation basse. C’était hallucinant, il y en avait partout, des dizaines, des centaines, sûrement des milliers !
Ce jour la, fin Juillet 2007, j’avais choisi un vendredi pour être plus tranquille et éviter la circulation routière du week-end. La montagne était vide, encore déserte de ses cohortes de randonneurs du week-end, malgré l’altitude et le caractère austère de ces montagnes, la crête frontalière attirait de nombreux randonneurs les week-ends. La météo était exactement celle que j’avais tant espérée, une météo que j’appelais “fantasque”, lorsque sur une période de quelques heures, la montagne vous offre un spectacle sons et lumières permanent. Vent soufflant a grande vitesse, rafales de vent à décorner un bœuf, brusque changement de direction, et du contenu tombant des nuages furieux, tantôt gris, voire noirs, puis virant au blanc éclatant, parfois au rouge, des averses de pluies, puis de fine neige, voire de grésils ou de petits grêlons. C’était une ambiance apocalyptique, avec des ouvertures ensoleillées comme si les dieux écartaient les nuages pour voir si tout allait bien, avant de tirer le rideau à nouveau et laisser la météo reprendre le contrôle.
Je montais alors ma canne fébrilement, je m’assurais de bien cirer les embouts, je montais mon moulinet, préparais ma ligne, et finalement après avoir monté une pointe en 18/100, j’ouvrais l’une des boîtes à mouches, celle où j’avais méticuleusement et fièrement rangé mes nouveaux montages, mes belles Zygaena…
Je montais l’une des imitations, et avec une certaine délicatesse dans le déplacement, malgré la furie météorologique autour de moi, je m’approchais de la rive et je commençais à observer les flots, la surface démontée du lac, et le moindre signe d’activité. Et malgré toutes les vagues quelquefois violentes, voir des creux de 50 à 70 centimètres sur un lac de montagne n’étant pas commun, je voyais clairement et régulièrement des chasses de surface endiablées, causées par de belles truites farios complètement concentrées sur les retombées de Zygaena sur la surface du lac.
Je prenais alors une grande inspiration, gonflant mes poumons à pleins de cet air vivifiant de la haute montagne Pyrénéenne, en repensant à toute la longueur de ma quête démarrée il y avait plus d’un an.
Je fouettais dans le vent et la pluie, ma canne maladroite sifflant au travers des gouttes et des grêlons, ma ligne était malmenée par le vent et cependant je faisais mon possible pour garder le contrôle, et je posais mon imitation à quelques mètres du bord, fouettant latéralement à la rive sur ma gauche. Il ne fallut pas plus que quelques secondes pour qu’une truite fario vorace s’attaque furieusement à mon imitation, provoquant immédiatement une tirade violente sur la ligne sans aucune nécessitée pour moi de ferrer le poisson, c’était chose déjà faite, et le poisson filait à vitesse grand V vers le large du lac. C’était véritablement une sensation incroyable ! Quelle satisfaction et sentiment d’achèvement ! L’émotion et l’adrénaline m’envahissaient tout entier, mon corps et mon cœur étaient liquides, unifiés tout en un, une explosion émotionnelle alors que je tentais de brider ce poisson magnifique qui partait au large.
Et la journée se déroula comme elle avait commencée, d’émerveillement en émerveillement, chaque lancer était une surprise tant les truites étaient incroyablement affamées sur ces imitations de Zygènes. Cela devenait gênant, c’était comme gagner la tombola à chaque tirage, des poissons plus beaux les uns que les autres, ma pointe en 18/100 avec le gros temps et les vagues ne dérangeait personne… J’étais même obligé de refaire ma pointe après une dizaine de poissons malgré le 18/100, car les attaques répétées et les manqués étaient légion, et il valait mieux assurer quand même. Je devais également changer d’imitation assez régulièrement, soit il fallait qu’elles sèchent correctement, soit elles avaient été partiellement détruites ou passablement endommagées au point de ne plus être valable pour pêcher.
Lorsque je repense à cette journée d’anthologie, je ressens un mélange d’émotions, celle de l’excitation du moment, celle de la montée d’adrénaline, mais également le sentiment profond d’avoir été invité par la Nature à vivre un moment unique, un moment de communion intense et difficilement explicable. L’un de ces moments où durant votre quête de perfection dans votre recherche de la pêche à la mouche parfaite, les points se relient les uns aux autres, et tout d’un coup cela donne un sens à votre quête. Vous avez finalement la sensation d’être arrivé, d’avoir une satisfaction ultime d’achèvement ,comme celle d’avoir finalement trouvé le Graal.
l’idée me trottait depuis fort longtemps, de personnaliser des Mugs avec mes photos, que j’ai détourée et mise en scène sur ces bols. Et pour agrémenter le tout, j’ai mis des extraits de livres de John Gierach , né dans l’État de l’Illinois en 1946, auteur américain de récits de pêche et pêcheur à la mouche.
Donc, ces Mugs sont à la vente pour une modique somme de 8€, autant vous dire que je ne tire pas un grand bénéfice de cette vente, c’est juste pour rentrer dans mes frais.
Pour passer commande, c’est simple, vous indiquez le nombre et le modèle sur le formulaire de commandes et vous réglez par Paypal.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir des barrières vertes sur le pont du curé, qui ont remplacées les anciennes, je pense à mon avis que vous le seriez aussi !
De l’avis de nos anciens présidents Jean Thibaut et Francisque Descote Genon en compagnie de Marcel Guittat, le nouveau président élu des » Pêcheurs du haut Guiers » .
Je cite : Des travaux nécessaires car ce pont était vraiment devenu très dangereux pour les pêcheurs et les personnes qui se penchaient pour regarder couler le Guiers.
Voilà une bonne chose de faite pour la sécurité des promeneurs et des pêcheurs !
Mr Marcel Guittat sur le pont, Mr Jean Thibaut à gauche de la photo et Mr Francisque Descote-Genon à droite de la photo.
Je me sens un peu nostalgique de l’ancienne vue du pont depuis la rivière, je trouve le paysage un peu gâchè , car on ne vois plus au travers des barrières. 😦 😦
Qui sait, peut être qu,un jour ce pont, sera rebaptisé au nom des anciens présidents de notre aappma. 🙂 🙂
depuis quelques jours je commence à apercevoir des émergences de Baetis Rhodani, mais les gobages reste encore un peu timides.
Sauf, si vous arrivés à la bonne heure, c’est à dire qu’il ne faut pas hésiter à faire sauter l’heure du déjeuné et d’avoir l’opportunité de pêcher en sèche.
Voici donc une mouche, qui n’est pas compliquée à faire, n’hésitez pas à en monter quelques unes, elles vous seront utiles au moment opportun.
Vous pouvez également réaliser le corps avec un fil de montage plus au moins claire. Mais ce qui prime avant tout, c’est le positionnement des ailes en V.
Mouche, à monter sur des tailles d’hameçons de #16 ou de #18, et sans aucun doute, cela intéressera quelquesgobeusesde Baetis !
Matériaux :
Cerques : hackle ou pardo – Corps : fil de montage gris 12/0 – Thorax : dubbing de lièvre gris – Ailes : cdc gris – Tête : fil de montage.
Eh bien voilà qui est fait, le blog vient de franchir la barre des 800 000 vues, à l’heure ou j’écris cet article, il est à 801 071.
Selon les statistiques du dernier mois, ce n’est pas moins de 45 pays, qui se sont connectés au blog, soit par les moteurs de recherches, soit par les sites amis.
Alors je tiens une nouvelle fois à remercier toutes les personnes, qui ont pris le temps de visiter ce blog.
Ce début de semaine commence pas trop mal, je ne vais pas bouder mon plaisir, car les truites étaient belle et bien dehors par ce temps couvert et des eaux hautes, qui leur donne confiance à sortir.
Bilan de cette session, débutée à 14h30 et terminée à 16h30 , avec une dizaine de truites, des poissons de 30 cm, voir plus , une seule truite était maillée à 20 cm sur la dizaine de sortie, les prises se sont effectuées en pleine eau.
Les nymphes, une grosse perdigone bille argent tungstène de 3,3 mm et sur certaines veines d’eau, des pheasant tails billes argent et or en 2,8 mm.
j’ai pu me libérer un moment ce vendredi en après midi, ayant consacré ma matinée au jardinage .
Après ce dur labeur, puis un déjeuner pris à la hâte, je suis parti faire à la pêche. Arrivé sur place , je monte la canne, je prépare une pointe en 12 centièmes et je noue une pheasant tail bille tungstène de 2,8mm.
Dés les premiers lancés, je vais toucher trois truites, dont une qui m’a pris de vitesse et s’est saisie de ma nymphe à la descente, je n’ai même pas eu le temps de réagir. Le niveau d’eau est parfait, mais le courant contrairement aux apparences, est assez puissant, ce sera donc à deux nymphes, que je continuerais ma session.
Malgré quelques baetis venait de sortir de l’eau et prendre leur envol, mais pas de quoi déclencher les gobages, mais à sans aucun doute fait sortir les truites.
Mon parcours terminé, je vais comptabiliser une douzaine de truites, certaines bien maillées et deux autres pas trop vilaines.
je n’ai pas encore refait de sortie de pêche depuis le week-end d’ouverture, mais il me reste à traiter quelques rushs pris au cours de ce long week-end avec les copains.
Voici un extrait de notre sortie du lundi , ou l’on peut voir l’ami Claude évoluer sur ce torrent.
Et voila ce week-end d’ouverture terminé, que j’ai partagé en partie entre la famille et la compagnie de mes amis, Claude, David et Stef.
Pour relater en quelques lignes ce long week-end pour Claude et David, arrivés tous deux depuis le vendredi soir et terminer ce lundi 13 mars et pour ce dernier jour, Stéphane et moi étions présents également.
Je les ai rejoints en fin de matinée, juste à la bonne heure pour casser la croûte avec eux, dont l’appétit commencé à se faire sentir, car ils avaient déjà pêché le matin et pris quelques truites.
Après cette petite pause, notre groupe s’est scindé en deux groupes, afin de pouvoir de ne pas être à quatre sur un spot, je fais donc équipe avec Claude, les anciens ensembles et les plus jeunes devant.
Quelques photos de ce lundi d’après ouverture, à voir son sourire, on voit que David est heureux de se retrouver dans un tel décor, comme à chaque fois qu’il vient pêcher dans la région !
En conclusion, ce fut une journée avec des truites très coopératives, pas de grosses truites certes, mais très combatives.
Le binôme David et Stef, a une nouvelle fois maté les anciens, mais personne de nous n’a fait capot depuis cette ouverture.
Après cette journée d’accalmie, dans la soirée, les orages ont repris de plus belles et ce matin, le Guiers a de nouveau atteint des niveaux énormes.
elle est enfin arrivée cette pluie tant espérée, avec des averses soutenues faisant monter le niveau du Guiers mort et de ses affluents et perturbant notre journée de pêche, mais de ce fait, j’ose espérer un bon nettoyage des fonds colmatés.
La nuit fut courte, tout au long de la nuit, j’entendais la pluie tomber sur ma terrasse et je savais que cette journée allait être bien humide. En tout cas, cette pluie n’a pas entamé mon moral, car j’étais pressé de retrouver mes potes, sur le lieu habituel ou nous faisons notre ouverture depuis déjà quelques années.
Tout en montant, je fais quelques arrêts photos, afin de vérifier l’état des différents secteurs du domaine de pêche, rien n’est engageant, ce sera très compromis, pour nous autres qui avons fait le choix de ne pêcher qu’à la mouche.
Pourtant les autres années, nous réussissons toujours à faire quelques jolies truites en sèche et en nymphe, mais ne boudons pas l’effet bénéfique de cette pluie salvatrice pour nos cours d’eaux et de la faune aquatique, même si cela à contrecarré nos plans de pêche.
Un aperçu des niveaux de nos cours d’eau en ce jour d’ouverture
Une fois nos retrouvailles sur le parking, je ne déroge pas faire une photo souvenir de cette ouverture 2023.
De gauche à droite : Claude, Jean, David, Max et Stéphane.
Vue les conditions de pêche, nous décidons de redescendre en plaine, il est l’heure d’aller au casse croûte, cette année, ce sera bien au sec et au chaud que nous allons partager notre repas, dans le grand appartement loué par David et Claude pour passer le week-end, on ne pouvait être mieux cocoonés !
Merci David et Claude de nous avoir accueillis dans votre hébergement locatif !
Après ce frugal casse croûte partagé, nous avions décidons d’aller sur un tributaire de secours, une rivière avec aucune montée des eaux, Stéphane l’avait constaté dans la matinée en allant faire des courses.
Il est 14 h30, nous sommes en place, seuls David et Max, sortent les cannes, nous autres de la berge, nous assistons en spectateurs , ces deux férus prospecter les berges avec leurs nymphes, mains dans les poches ou dans le dos, on peut mesurer notre intense motivation à pêcher :-).
Pour ce qui me concerne, par ce temps humide, je n’ai pas sorti de canne, d’autant plus qu’il me fallait partir dans l’après midi pour un impératif familial.
David et Max toucheront leurs premières truites en nymphe, pour David ce sera une truite de 35 cm(pas de photo), et pour Max une plus petite, en tout cas les deux plus motivés de l’équipe ne seront pas bredouilles en ce jour d’ouverture, malgré des conditions compliquées.
Les sous bois commencent à fleurir, bientôt ce sera au tour des morilles, le printemps s’installe doucement !
Ainsi s’est faite cette ouverture 2023, en compagnie de bons amis, j’espère que la vôtre s’est bien passée aussi, je vous remercie de m’avoir lu et vous souhaite à tous, une très bonne saison 2023 !
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