La Roland Garros

Bonjour à vous,

C’est avec un ton d’humour bien évidemment, que j’ai nommé cette mouche parachute , la  » ROLAND GARROS » , tout simplement parce que la bille polystyrène jaune me fait penser à une balle de tennis 🙂

Habituellement, pour le support parachute, nous mettons une petite touffe d’antron yarn , mais pour ce montage, je l’ai remplacée par une bille de polystyrène, emprisonnée dans un bas nylon.

La bille polystyrène va permettre de mieux voir votre mouche sur l’eau, mais également lui conférer une meilleure  flottabilité.

Matériaux utilisés pour ce montage :

Hameçon : Sempé DFH23 N°14 – Cerques : coq pardo – Corps : quill de paon naturel ébarbé – Thorax : dubbing mélange lièvre/écureuil – Repaire visuel : bille polystyrène jaune – Bas nylon : pour envelopper la bille – Collerette parachute : hackle de coq Metz Grizzly – Fil de montage : Veevus olive 12/0.

C’est un montage parachute classique, sauf que vous remplacerez le toupet par une bille de polystyrène. ( Attention, veillez à ne pas déposer de cyanolite sur la bille, si vous ne voulez pas qu’elle soit dissoute par la colle).

Bille dans son enveloppe nylon
  1. Fixer les cerques, puis former un sous corps avec le fil de montage, puis revenir au dessus de la courbure.
  2. Fixer le quill de paon ébarbé, déposez une pointe de colle rapide sur le corps et enroulez le quill pour former l’abdomen.
  3. Choisir une bille de polystyrène correspondant à la taille de la mouche, elle doit être emprisonnée dans un bas nylon. Fixer là, juste au dessus du thorax et bloquée par quelques tours de fil de montage.
  4. Ensuite fixer un hackle de coq, que vous allez fixer par le rachis (pied), et procédez à l’enroulement de la plume, à l’ horizontale autour de la base de la bille polystyrène, 3 tours devraient suffire, inutile de trop charger.
  5. Bloquez par quelques demies clés, couper le reste de plume et former la tête avant de vernir cette dernière.

 

 

La pêche et ses dangers !

Bonjour à vous,

je vais vous relater une partie de pêche qui aurait pu être un drame envers ma personne et fort heureusement ce ne fut pas le cas, je remercie mes anges gardiens, car les choses auraient pu mal tourner et ma famille serait en deuil 😦 

Alors, nul besoin de vous faire une mise en garde, sur les règles de sécurité, mais un petit rappel ne fait pas de mal sur les éventuels dangers qui peuvent nous arriver au cours de notre loisir pêche.

Une sortie qui commençait plutôt bien :

J’arrive sur  mon lieu de pêche sur la fin de matinée, après m’être changé, préparé le matos, la rivière est magnifique, surtout lorsque les niveaux d’eaux sont  au top.

Par contre les truites sont calées, je vais pêcher à deux nymphes, cela va me permettre de débloquer le compteur avec une jolie truite.

Les retrouvailles :

Puis comme j’ai su que Claude et Jean se trouver également sur le Guiers, je suis allé les rejoindre au pont du curé. Nous avons discuté un long moment ensemble, mais au moment où nous allions nous séparer, arrive , Gilles le garde du secteur, avec lequel, nous avons encore discuté un moment.

Le temps, passe, mais il faut bien que nous pêchions un peu. Claude et Jean en binôme, tandis que Gilles s’en est allé poursuivre ses contrôles et moi je suis allé de mon côté, sur un autre secteur. 

Je suis sur la rive droite du Guiers, mais je décide de traverser pour pêcher la rive gauche, malgré un courant soutenu, que je réussis à passer à l’aide d’un bâton ramassé sur la berge.

L’action :

Jusqu’ici, tout va bien, je fais une 1ère dérive, sans succès, puis à la seconde dérive, un arrêt franc de ma dérive. Je ferre, c’est lourd, je tiens en bout de ligne, une très grosse truite, j’engage le combat avec beau poisson. Que je bride tant bien que mal, elle joue de tout son poids dans ce fort courant, elle est sublime, 60 cm environ.

Le drame :

C’est à ce moment-là, que le drame arriva,  après avoir travaillé la truite pour la sortir de ce puissant courant afin de la mettre dans la filoche, l’épuisette tombe à mes pieds et me fait trébucher. Faisant tomber ma canne des mains et lorsque j’ai voulu la récupérer, je suis partie tête la 1re dans l’eau, entrainé par la force du courant, prés de 8 m³ /s ,  ça pousse fort.

Emporté par les eaux, je dévale la rivière sur une bonne trentaine de mètres, la tête sous l’eau, j’ai coulé par deux fois, puis été transporté d’une rive à l’autre, comme un fétu de paille.

J’ai bu une bonne tasse, et l’eau s’est engouffrée dans mon waders empli d’eau, ainsi que dans le chestpack et cette maudite épuisette toujours accrochée dans mon dos, me tirait vers le courant. Et moi, essayant de nager tant bien que mal, j’ai pu m’agripper sur la berge d’un petit îlot et remonter sur la berge à quatre pattes, pour m’en sortir.

Ma canne a été emportée par le courant, c’est une canne de 10,6  pieds, équipée de mon moulinet , avec la soie, mais fort heureusement et grâce à Dieu, je m’en tire bien !

Conclusion :

J’ai aussitôt téléphoné à Claude pour lui explique ce qui venait de se passer, et il a cessé de suite sa partie de pêche avec notre ami Jean, et son venu à ma rencontre pour voir si tout allé bien pour moi.

Merci les amis ! 

Petite Annonce :

On ne sait jamais, si toutefois vous trouvez à l’aval du pont du curé une canne à nymphe de marque Sempé Immersion 10,6 #3 , je serais heureux de la récupérer, si c’est le cas contacté un des gardes pêche de l’aappma de St Laurent du pont.

En attendant, j’en suis quitte pour me racheter une nouvelle canne 😦

Merci d’avance !

En habit de lumière

Bonjour à vous, lors de ma dernière sortie de pêche, j’ai pris une truite, qui m’a fasciné, je suis resté en extase durant 5mn. Le temps d’immortaliser la beauté de sa robe et de lui rendre sa liberté. Parfois la nature nous réserve de belles surprises !

La Peute « la Vilaine »

Bonjour à vous,

La peute, la Vilaine en patois Franc comtois, est une mouche qu’il faut absolument avoir dans vos boîtes, cette mouche, qu’on ne présente plus peut vous rapporter gros.

C’est une des 1ères mouches que j’ai appris à monter lors de mes débuts à la mouche, elle est connue de tous les moucheurs de France et même au-delà de nos frontières.

Comme , nous entrons dans la période ou les trichoptères vont être ou sont déjà métamorphoser en sedges, j’ai voulu vous parler de ce montage.

J’utilise cette mouche, pour pécher l’eau, ou soit lors des pré-coups du soir et ce qui devient rare pour moi, durant les coups du soir.

Certains moucheurs, l’utilisent même pour la pèche en noyée, et pour ce qui concerne la plume, il y a deux écoles.

Celle ou l’on taille les pointes de la plume et l’autre ou la plume n’est pas coupée, pour simuler les cerques.

Des anciens moucheurs, m’ont appris, que son créateur ,  Mr Henri Besson dit  » le sorcier de Vesoul « ,  lui ne coupait pas les pointes de la plume.

En tout cas, plume taillée ou pas, cette mouche vous fera prendre du poisson c’est certain !

Matériaux utilisés : Plume de poitrail de colvert – Fil de montage : veevus 12/0 jaune pale ou autres marques – Hameçon : Dohiku n° 14

Pour la réalisation de la mouche, c’est pas trop compliqué, même pour les débutants.

  1. Formez un corps avec le fil de montage
  2. Préparez une plume de poitrail de colvert, en supprimant la partie duveteuse du bas.
  3. Prendre la plume entre vos doigts, rabattre les fibres vers l’arrière, puis fixer la plume par la pointe.
  4. Ensuite à l’aide de la pince à hackle, former une collerette par quelques enroulements.
  5. Bloquez, coupez le reste du rachis et former la tête par quelques demies clés ou par un wipfinish et coupez l’excédent de fil.
  6. Vernir la tête, puis à votre convenance, vous pouvez ou pas tailler les pointes de la plume.

D’autres variantes sont possibles, comme par exemple, faire le corps de la mouche avec un quill d’oie (substitut de condor).

Bon montage !

Une sortie sur la BRA

Bonjour à vous,

ce samedi  22 avril, avec Stef, Maxime, David et Benjamin, nous étions sur la basse rivière d’Ain. Je tiens à remercier Benjamin de nous avoir accueillis sur ses terres et sa rivière de coeur.

Et dire que j’avais décliné l’invitation, car je devais aider ma fille à son emménagement, mais après une belle négociation pour le report des travaux d’aménagement, j’ai finalement pu me libérer.

La météo était annoncée mitiger, avec un temps partiellement couvert et légèrement venté, et pour finir quelques petites averses dans l’après-midi, mais cela n’a pas freiné l’ardeur du groupe.

Le niveau était à 47 m³, ça poussait encore pas mal, mais de l’avis de Benjamin, c’était un niveau correct, même si 15 m³ de moins auraient été parfaits pour la pêche en sèche.

En tout cas, ça poussait encore pas mal, la pêche avec deux nymphes était la solution, si l’on voulait faire des passages ralentis.

Vu la taille de la rivière, nous avions le choix des spots, Stef et Maxime ont commencé à l’aval, tandis que David, Benjamin et moi nous avons fait l’amont.

Pour ce qui me concerne, je prendrais contact avec une truite que j’ai  tenu à peine 10 secondes chrono, avant qu’elle ne se dépique. C’est dingue la puissance avec laquelle, elle a dévalé le courant et peu de temps après, j’ai eu deux bonnes tapes dans les nymphes, ce sera tout pour cette fin de matinée.

Tandis que Stef qui venait de nous rejoindre en amont, va également toucher une belle truite, qui sous nos yeux ébahis, est sortie de l’eau, telle une fusée quittant sa rampe de lancement et qui s’est dépiquée à son tour, cette truite de l’avis de tous, était estimée à 60+. Décidément rien ne nous réussit, autant dire que cette grosse truite montante droite hors de l’eau, nous en avons parlés durant le repas et même aprés.

Il est temps pour tous d’aller au casse-croûte et comme à l’accoutumée, il ne nous manque rien, chacun ayant apporté de quoi se sustenter, avant de retourner pêcher.

Nous allons changer de secteur pour l’après midi, nous prospecterons de nouvelles zones de courants en nymphe et encore une fois, je vais faire une truite, qui de nouveau, va jouer les filles de l’air et se dépiquer à quelques mètres en aval, encore une fois je suis guignard 😦 😦

Les copains ont également eu des touches, David touchera un ombre, il lui rend rapidement sa liberté et se remet à pêcher.

Sur la berge, j’aperçois quelques sedges et d’ailleurs en regardant la rivière, je vois que ça commencent à sortir de l’eau et prendre l’envol.

 

Au passage, Stef et Benjamin, s’apprêtent à pêcher.

Les 1ers gobages percent la surface de l’eau, Stef est en place, mais les poissons sont presque hors d’atteinte, plus on allonge et plus les poissons reculent, ils sont vraiment éduqués sur ce secteur.

La pluie s’est invitée, mais je décide tout de même de rejoindre Stef et à mon tour, je vais tenter ces gobages réguliers. Je vais à mon tour, faire monter deux poissons,  sans les prendre, soit je ferre trop tôt ou trop tard ou bien sa gobe juste à côté de nos mouches.

Il est 17h00, Stef décide de partir, je fais de même, il faut compter le temps de route pour le retour, nous saluons nos hôtes David et Benjamin, puis regagnons nos voitures.

Benjamin étant resté en place, va tout de même à tirer son épingle du jeu, en prenant en sèche cette jolie truite, seulement dix minutes aprés notre départ, je remercie David pour l’envoi de cette photo.

Cela faisait au moins 20 ans que je n’était pas revenu pécher sur cette rivière, elle est toujours aussi belle et envoutante.

En conclusion :

Si chacun de nous, a  touché du poisson, seulement deux ont étés mis à la filoche, les autres s’étant décrochés, mais au moins, nous les avons tout de même leurrés, alors comment doit on qualifier cette journée   » Capots ou pas capots  » ,  je vous laisse à cette réflexion. 

Merci de m’avoir lu !

Émergente de mouche de mai

Bonjour à tous,

bien que nous sommes encore en avril, je prend  un peu d’avance sur le calendrier des émergences, je vous propose ce modèle de nymphe légère, que je n’ai pas voulu lester, que vous pouvez faire, grâce à quelques enroulements de fil de plomb fin au niveau du thorax.

Les matériaux utilisés pour ce montage :

Hameçon : tige longue ou Tiemco 200 R n°8 à 12 – Cerques : 3 sabres de faisan commun – Sous corps : Soie polyfloss jaune paille – Abdomen : quill synthétique Hemingway transparent – Branchies : 8 ou 10 brins (selon la taille de l’hameçon), de polyfloss blanche ou Antron Yarn blanc – Sac alaire : 2 plumes de cdc naturel ou gris foncé – Thorax : dubbing de cdc jaune – Naissances des ailes : plume de Mallard jaune –  Fil de montage : Veevus 12/0 jaune paille.

Assez complexe à réaliser, surtout pour la mise en place des branchies, mais avec de la dextérité, mais pas insurmontable, j’espère que mes explications seront suffisamment explicites.

Étapes de montage :

  1. Fixer dans un premier temps le fil de montage jaune, sur la hampe de l’hameçon et l’amenez à la courbure.
  2. Prélevez 3 fibres d’une plume de queue de faisan, puis les fixer au dessus de la courbure pour faire les cerques, ainsi que le quill synthétique, que vous laisserez en attente. Ramenez le fil de montage derrière l’oeillet.
  3. Prendre le second porte bobine garni de la polyfloss jaune et former le sous corps, de forme un peu oblongue, arrêtez vous au dessus du thorax, bloquez avec le 12/0 et coupez l’excédent de polyfloss.
  4. Préparez les 8 à 10 brins de polyfloss blanche, que vous allez fixer en part égale sur chaque côté du thorax, les pointes dirigées vers l’avant, pour ne pas gêner votre travail.
  5. Laissez le tout en attente, nous allons maintenant passer à l’étape la plus complexe du montage, c’est à dire l’insertion des brins de floss pour imiter les branchies.
  6. Prenez le quill synthétique entre vos doigts et recouvrir le corps de deux tours, pour le démarrage de l’abdomen, puis à partir du 3èmes tours, emprisonnez un brin de floss blanche sur chacun des côtés.
  7. Renouveler les étapes à chaque fois que vous ferez un tour avec le quill, en allant ainsi de suite emprisonner tous les brins. Une fois que vous serez arrivé au niveau du thorax, bloquez et coupez l’excédent de floss blanche.
  8. Enlever la mouche de l’étau et la prendre entre vos doigts pour tailler en biseau les parties de floss qui dépasse de l’abdomen, afin d’obtenir une forme en V, en partant du bas du corps et en élargissant vers la partie haute. 
  9. Lorsque ce travail à été fait, remettre la mouche dans les mors de l’étau, puis emprisonnez juste au dessus du thorax, légèrement à l’arrière, votre fil de montage 12/0.
  10. Préparez deux plumes de cdc, puis les fixer sur le dessus du thorax, ensuite former une boucle à dubbing, insérer entre les deux fils, un dubbing de cdc ou lièvre, twister et l’enrouler pour former le  thorax, arrêtez vous à 1/2 cm derrière l’oeillet.
  11. Fixez une plume de Mallard teinte jaune paille, les pointes vers l’avant, puis rabattre le cdc , bloquez d’un ou deux tours.
  12. Faites passer votre fil de montage juste derrière l’oeillet, rabattre contre le cdc votre plume de Mallard,à l’aide de vos doigts, puis former la tête.
  13. Coupez l’excédent de fil, puis vernir la tête, déboucher l’oeillet si nécessaire.

Bonne pêche !

Les matériaux utilisés :

JIG tinsel Chartreuse #14

Bonjour à vous,

la météo n’est pas au top en ce mois d’avril et en plus ce week-end est tellement pourri, qu’on ne peut pêcher, ni jardiner, alors on se remet à l’étau pour combler les quelques vides dans les boites. 

Et pour cet article, je vous propose le montage de nymphes Jig réalisées avec un tinsel chartreuse, avec lesquelles j’ai pêché ces derniers temps, et qui ont fait match  !

Hameçon : Jig #14 – Tête : bille tungstène 3,3 mm cuivre – Cerques : faisan – Corps : tinsel couleur chartreuse – Thorax : fil de montage – Fil de montage :  Veevus olive 12/0 – Vernis : Résine UV claire.

Montage très simple à réaliser :

  1. passez la bille sur la hampe de l’hameçon
  2. Fixez les cerques, puis le tinsel, déposez une goutte de colle rapide sur la hampe et enrouler le tinsel pour former le corps.
  3. Bloquez le tinsel avec le fil de montage , puis former le thorax avec le fil.
  4. Coupez l’excédent de fil et vernir avec la résine UV .


Bon montage !

Une session en deux rounds !

Bonjour à vous,

malgré une météo incertaine, des grosses averses dans la nuit (chez moi) , je décide tout de même d’aller pêcher.

J‘ai tout mon temps, rien ne presse, je balade un peu sur différents spots, puis au final, je choisis le no-kill des gorges.

Il est 12h30, l’eau est blanche, la neige est encore bien présente sur la Sure, ce n’est pas un bon présage pour la session, mais bon quand il faut y aller, faut y aller !

Vu le débit ce sera pas du light, je vais monter une Javi en 3,5 mm et une nymphe bille cuivre de 2,8 mm, je verrais par la suite si il faut ajouter ou enlever du poids.

Durant les deux premières heures de pêche, pas une seule tape, il fallait vraiment chercher le poisson, j’ai pourtant fait passer les nymphes au ras des blocs, puis les calmes, les petites retournes , rien n’était dehors.

Aucune activité en surface, pas d’émergence, eau de fonte et puissante. Puis enfin, l’arrêt du fil, ferrage, ça part dans le courant, elle donne de bons coups de tête, elle vient de prendre la nymphe de potence.

Cette truite m’a fait courir un peu avant la mise à l’épuisette, ce sera la seule du secteur, mais quelle beauté !

 

Pour le second round, il s’est déroulé sur une autre rivière, avec de l’eau nettement moins froide. Je ne vais pêcher qu’une petite heure, car j’ai froid et je n’ai pas mangé,  mais étant sur le retour, il aurait été dommage de ne pas mettre un coup de ligne.

Même si les truites n’étaient pas toutes dehors, j’ai pu faire une douzaine de truites entre 20 et 25 cm. Et pourtant, il y a eu quelques émergences de baetis, mais aucune truite en activité en surface, je pensais même pouvoir pêcher en sèche, ce sera pour une prochaine fois.

Quelques truites photographiées au cours de la session, je n’ai pas voulu sortir l’appareil pour tous les poissons, à vrai dire je m’attendais à plus gros encore.

A 16 h00, j’ai mis fin à cette seconde session, tout de même satisfait de cette sortie, mais par contre déçu de ne pas avoir trouvé de morilles aujourd’hui 🙂

Larve de Trichoptère, la grosse bouchée !

Bonjour à vous,

en début de saison, les truites friandes de grosses bouchées, ont besoin de protéines et ne dédaignent pas les grosses proies.

Donc pour pallier un manque, si c’est le cas, je vous propose la réalisation d’une nymphe conséquente pour attirer l’attention de dame Fario ou autres salmonidés.

Hameçon : courbe #10 – Corps : bord de gant en latex – Sous corps : soie polyfloss crème – Ailes : plumes de poitrail de colvert – Thorax : dubbing de lièvre olive ou naturel et une pincée de  sabres de faisan sur le dessous- Yeux : chainette de lavabo – Fil de montage : 10/0 blanc ou crème .

 

Le montage est assez simple en soi celui-ci a été réalisé avec le bord de gants médicaux. Pour les yeux de la nymphe, de la chainette de lavabo, que vous aurez préalablement sectionné par paires, à l’aide d’une pince coupante.

  1. Fixez une paire d’yeux à l’arrière de l’oeillet, par des enroulements en croix,  consolider avec une goutte de colle rapide, pour plus de solidité.
  2. Amenez votre fil de montage vers l’arrière juste au dessus de la courbure, puis fixez le latex, ,formez un sous corps avec la floss, puis bloquer au niveau du thorax, avec le fil de montage 10/0
  3. Parez deux plumes de poitrail de colvert, pour réaliser les naissances des ailes de la nymphe.

 

4. Les fixer de chaque côtés du thorax, ainsi qu’une pincée de sabres de faisan, qui restera sur la partie inférieure du thorax (dessous).

5. Préparez une boucle à dubbing, emprisonnez du poils de lièvre olive ou naturel, puis  enrouler le tout pour former un thorax bien fourni jusque derrière les yeux de la nymphe.

6. Faire quelques demies clés (wipfinish),  bloquez et couper l’excédent de fil.

Bonne pêche !

 

 

Ecdyonurus Venosus

Bonjour à vous,

Ecdyonurus Venosus, est de la famille des éphéméroptères, il est facilement reconnaissable à son vol pendulaire. L’insecte possède deux longues cerques, un abdomen brun ou lie de vin, les ailes sont veinées et plutôt gris clair ou brunes selon qu’il soit subimago ou imago.

Ecdyonurus Venosus photographiè sur le Guiers vif lors d’une émergence massive.

Il fréquente les courants vifs ou moyens , avec des galets, des  blocs ou du gravier, les émergences d’ecdyonurus peuvent être visibles dés la  fin de matinée, en après midi, voire même jusque plus tard avec le changement d’heure.

Pour tromper la vigilance de dame fario, voici un montage assez simple à réaliser.

Hameçon : Dohiku #12 – Cerques : 2 sabres de faisan – Sous corps : fil de montage – Abdomen : herl d’oie (aux plumes d’Or Elle) – Thorax : dubbing de lièvre (mélange noir/bordeaux) – Sac alaire : soie floss noire : Ailes : 4 plumes de cdc gris – Fil de montage : Veevus marron 12/0 .

 

Truites et morilles un combo gagnant !

  1. Bonjour à vous,

un peu d’oxygénation hier aprés midi, une session de 3 heures à peine, ça m’a fait du bien de me retrouver enfin au bord de l’eau !

Ce début d’après midi, commence par la prise d’une jolie truite, un bon 40, mais hélas , je n’ai pas eu le temps de la mettre à l’épuisette, elle s’est dépiquée en plein courant.

Ensuite, j’ai eu un passage à vide durant quelques dizaines de mètres de rivière, peignant les courants, les bordures, derrière les blocs, avec mes nymphes, rien ne bougeait, elles étaient vraiment calées.

Puis, en début d’après midi, est apparu une belle émergence d’Ecdyonurus Torrentis, cela à suffit à faire bouger quelques truites, du moins celles que j’ai réussi à prendre, certes peut être qu’il y en avait d’autres, en tout cas je ne les ai pas prises, et si c’était le cas, elles ont boudées mes nymphes !

Peu importe, le sourire est revenu lors de ce joli doublé, alors que je pensais avoir pris une très grosse truite. Ce n’est qu’une fois qu’elles étaient dans mon champ de vision, que je me rendit compte qu’il y en avait deux, chacune d’elle partant de son côté, je réussi tant bien que mal, à les faire rentrer dans la filoche.

 

Je reprendrais deux autres truites, soit avec celle de décrochée soit  seulement cinq truites, mais je ne vais pas bouder mon plaisir.

 

Sur le sentier au retour, j’ai de nouveau une belle surprise,  en trouvant cinq morilles, sous mes pas, j’ai même failli leur marcher dessus, j’ai eu beau fouiller le périmétre environnant, je n’en ai pas trouvé d’autres.

Ce fut un bel aprés midi de printemps, malgré cette eau glacée et ce vent du nord qui m’a considérablement gêné, en créant une bannière lors des passages dans les veines de cette eau émeraude.

Merci de m’avoir lu, à très vite pour un nouveau récit de mes futures sorties de pêche !

 

Bubble Sedge

Bonjour à tous,

Après ce moment de folie du 1er avril et que le soufflet est retombé, je reviens aux choses sérieuses, avec la confection de ce Bubble Sedge.

Hameçon : Courbe #12 – Corps : Dubbing de lièvre naturel – Ailes : 2 plumes de cdc – Naissance des ailes (côtés) : flanc de cane naturelle- Antennes : 2 sabres de plumes de queue de faisan – Tête : Fil de montage noir 12/0.

Étapes de montage :

  1. Après avoir fixé l’hameçon dans les mors de l’étau, fixer le fil de montage et ramenez celui-ci  jusqu’au dessus de la courbure.
  2. Préparez deux plumes de cdc, puis les fixer par les pointes juste au dessus de la courbure.
  3. Formez une boucle à dubbing, insérer un dubbing de lièvre naturel, entre les deux fils et twister le tout
  4.  Lorsque votre mèche à dubbing est prête, former le corps en l’enroulant  sur les trois quart de la hampe, bloquez avec le fil de montage.
  5. Ensuite, prenez les deux plumes de cdc entre vos doigts, puis les rabattre par dessus le corps, veillez à ce que ces plumes soient en forme de ballon de rugby (exemple de la photo), bloquez avec le fil de montage.
  6. Passez à la mise en place des naissances d’ailes, en prélevant une 1ère pincée de flanc de cane, que vous fixerez sur un côté, bloquez et renouvelez l’opération pour l’autre côté.
  7. Pour la fixation des antennes, prélevez deux sabres de queue de faisan et les fixez derrière la tête, les pointes dirigées vers l’avant, amener le fil de montage au pied des ailes et former une boucle à dubbing.
  8. Insérez une peu de poils de lièvre (dubbing), entre la boucle et twister pour obtenir une petite mèche, qui vous servira à former le thorax.
  9. Faire passer sur le devant et l’arrière des antennes, par un ou deux tours, en prenant soin de redresser légèrement ces dernières.
  10.  Puis faire la tête avec le fil de montage, puis boucler légèrement les antennes avec le dos d’une lame de cutter (voir photo).

A la découverte de la Zygaena

Bonjour à tous,

je vous propose à la lecture, le récit de Fabien Francès, moucheur passionné et amoureux de la nature, comme nous autres.

Biographie de Fabien en quelques lignes : Il est né à Toulouse et a vécu à Reynès en Vallespir prés de Céret dans le 66. Depuis 2010, il émigre au Royaume uni, tout d’abord à Peterborough . Depuis 2013, il vît à Londres à la suite d’un long parcours professionnel en informatique et, est devenu depuis novembre 2021, Directeur du service Stratégie Cloud.

A la découverte de la Zygaena

C’était la fin de l’été, au moment où l’on approche la fin de la période de pêche, je pensais alors à ma saison de pêche à la mouche en lacs de haute montagne, et lorsque l’on parle de haute montagne, c’est au dessus de 1500 mètres d’altitude.

En ce mois d’août 2006, alors qu’il ne restait que quelques jours de pêche avant que l’automne ne fasse réellement sentir son arrivée sur les montagnes. Je visionnais dans ma tête quelques unes de mes plus belles sorties. Le vent, la pluie, les orages, la grêle même, n’avaient pu stopper mon enthousiasme de retrouver ces rives sauvages, ces étendues d’eaux posées au flanc des montagnes comme des joyaux au cou d’une déesse, en fait ce n’était pas une déesse mais plutôt la jolie Pyrène.

Une sortie en particulier conservait une impression d’inachevé dans mon esprit, comme la perception d’une nouvelle piste, mais aussi un sentiment d’échec, une perplexité déconcertante en repensant à cette journée. Je m’étais levé très tôt ce jour là, car je savais que la route était longue, une heure trente à deux heures selon la météo, en montagne il faut toujours être extrêmement vigilant. La route serpentait au fond d’une longue vallée, avant de tourner pour attaquer le col, une montée longue et sinueuse, tantôt sous le couvert des arbres, mélange de feuillus et de résineux. Tantôt au milieu de paysages lunaires, avec des rochers gris et noirs, bordant un abîme grandissant.

Lorsque je passais la frontière espagnole, c’était encore nuit noire, et à chaque virage la surprise possible d’un lièvre, d’un renard ou d’un chevreuil bondissant dans les phares. Après une longue descente dans les forêts par une route plus large mais toujours sinueuse, j’arrivais dans une grosse bourgade espagnole. Les gens dormaient et les commerces étaient fermés, peut être dans une heure les boulangeries commenceraient à sortir leurs pains du four, c’était encore beaucoup trop tôt pour un croissant frais… Après cette bourgade, la route remontait à nouveau, cette fois du côté espagnol, se dirigeant vers la France. Une route longue et de plus en plus étroite et devenant très pentue vers les sommets des crêtes avoisinantes.

Finalement arrivé bien avant l’aube dans la fraîcheur du matin, je contrôlais la préparation du sac à dos avec tout le matériel de pêche, les chaussures de randonnées aux pieds et les bâtons dans les mains, je m’avançais dans la nuit noire, avec l’assistance d’une lampe frontale.

Après un long chemin, et plusieurs lacets sinueux, un long passage sur un plateau me permettait de discerner dans l’ombre et grâce à la lumière de la frontale, les yeux brillants d’isards en groupe pas très loin de mon passage.

A ce moment là, la première épreuve était le passage d’un col assez élevé, avec une ascension longue mais sinueuse, et qui laisse le temps de progresser sans trop d’efforts.

Puis ensuite une descente encore plus longue vers une vallée espagnole, et une autre remontée vers la frontière française cette fois. Et c’est en atteignant la crête frontière, que l’on réalise le chemin parcouru depuis la voiture. Une crête très élevée donnant une vue panoramique à 360 degrés entre la France et l’Espagne. Une position unique pour voir les montagnes à perte de vue.

C’est à cet endroit que j’avais trouvé quelques années auparavant, un accès discret par une cheminée assez dangereuse pour ne tenter seulement que quelques rares randonneurs. Et cette cheminée menant juste au dessus du lac que je convoitais.

Imaginez un instant, depuis la France pour atteindre ce lac, c’est une randonnée de 6 heures minimum pour un bon marcheur. Et en passant par mon parcours secret, j’arrivais au lac tant convoité en juste 2 heures et 15 minutes. Cette différence me permettant d’organiser des sorties d’une journée aisément alors que la route française oblige le bivouac pour une nuit au minimum.

J’arrivais finalement au bord du lac alors que le ciel commençait à s’illuminer doucement, et que les étoiles disparaissaient. J’avais déjà depuis la crête mon esprit en ébullition, déroulant dans ma tête le scénario de la préparation, mes yeux regardant la surface du lac pour détecter une quelconque activité. Mon cerveau bouillonnait par anticipation d’une journée magique… ou pas. Je savais très bien que ce lac particulier était peuplé uniquement de truites farios d’une souche sauvage autochtone. Ce qui rendait l’expédition encore plus excitante.

Ce jour là, le vent était de la partie, de longues rides se déroulaient sur la surface du lac, des vaguelettes créant constamment un mouvement de surface. Ces conditions étaient souvent un bon signe pour la pêche à la mouche, car la surface de l’eau troublée et instable, diminue la vigilance des poissons, simplement en brouillant leur vision de ce qui se passe en surface. Mais la météo, souvent imprévisible en montagne, commençait déjà à changer. A ce moment particulier juste avant l’aurore, alors que la nuit et les étoiles disparaissaient doucement, je pouvais apercevoir des nuages qui montaient de la vallée en direction de la France, à cette altitude, brouillard et nuages ne font qu’un.

J’arrivais sur les rives de ce lac d’altitude unique, qui est pour  toujours un lieu sauvage exceptionnel dans ma mémoire. Je déballais mon matériel, je me trouvais un endroit pour laisser mon sac, mes affaires, un endroit où je reviendrais plus tard pour casser la croûte. Pour le moment, l’excitation était à son paroxysme, la surface de l’eau était agitée, et déjà de nombreuses chasses violentes en surface laissaient présager d’une journée exceptionnelle. Les belles Farios étaient de sortie, et quelques poissons exceptionnels me donnaient un véritable spectacle de si bonne heure le matin.

Alors que je commençais à préparer mon matériel, je remarquais d’étranges insectes agglutinés sur les rives, cela ressemblait à des papillons, assez sombres, noirs même. La plupart d’entre eux étaient déjà juste l’ombre d’eux même, plutôt des cadavres à la dérive, au lieu de beaux papillons virevoltants. Les truites se gavaient de ces amas sur les rives, je voyais clairement leurs attaques sur ces papillons défunts. Je regardais autour mais je ne parvenais pas à apercevoir un seul de ces papillons à l’état imago, tous ceux que je voyais étaient déjà morts, et passablement dégradés. Difficile dans ces conditions de pouvoir se faire une opinion, et de voir clairement l’insecte.

Alors que j’essayais différentes imitations, j’eus quelques succès successif avec un gros sedge noir avec un corps rouge, un montage que j’avais fait quelques jours auparavant à utiliser lorsque les eaux sont agitées et troublées. Un bon ami de longue date m’ayant toujours rappelé que lorsque les truites dédaignent les mouches de plus en plus petites, c’est peut être juste parce qu’elles veulent une bonne grosse bouchée… Et ayant pris ses mots à la lettre, j’avais eu l’idée de monter un gros sedge sur hameçon de 10 ou 12, avec un corps en phoque rouge, une queue en chevreuil noir, et une aile également en chevreuil noir, bien épaisse. Et contre toute attente, cette mouche là m’avait surpris bien souvent à mon grand étonnement. Je l’avais également utilisée en plein brouillard pour découvrir que la légende “temps de brouillard veut dire bredouille..”, était certainement infondée, car les attaques de truites sur un lac couvert de brouillard avec ce sedge sont toujours gravées dans mon esprit tellement la soie était tirée avec vigueur par des truites affamées…

Durant la journée, grâce à mon sedge noir et rouge, j’eus quelques succès intéressant. Et après avoir fait plusieurs fois le tour du lac tout en pêchant, je trouvais finalement l’insecte dont ces truites étaient complètement affamées. Il s’agissait d’une sorte de papillon noir et rouge, avec des ailes noires bleutées, et des tâches rouges. Un bon gros papillon bien charnu, je commençais à comprendre pourquoi les truites étaient tellement affamées après ces superbes lépidoptères. Il y avait très peu d’exemplaires de ce papillon que je découvrais à peine, il semblait que j’arrivais après l’éclosion, un peu tard après la grosse fête en fait…

Ce n’était cependant que partie remise, tant j’étais intéressé par ce phénomène que m’offrait la nature, il me fallait trouver la période précise de la métamorphose de ce papillon. Après quelques recherches, je découvrais que ce surprenant papillon s’appelait une Zygène, un nom plutôt vernaculaire, en fait plus précisément et scientifiquement, j’étais en présence de Zygaena exulans. Et étant donné que nous étions au mois d’août 2006, il me fallait certainement attendre l’année suivante. Une année de patience à rechercher des informations sur ce papillon si particulier, certainement mes premiers pas dans l’entomologie, je découvrais alors que c’était un papillon aposématique, car il se signale par ses couleurs comme toxique aux prédateurs comme les oiseaux et les lézards. En cas d’attaque, il émet un liquide contenant du cyanure.

Cet aspect me fascinait, le corps de ces zygènes contenait du cyanure, et des prédateurs comme les oiseaux ou les lézards ne les touchaient pas, alertés par la couleur rouge synonyme de danger. Et pourtant les belles truites farios ne faisaient pas la fine bouche, bien au contraire et le cyanure ne les incommodait pas du tout.

L’année s’écoula doucement, et je pensais à ce papillon fascinant. Je recherchais sur l’espèce précise, la “Zygène des sommets”, l’apparence de sa chenille ainsi que celle du papillon adulte. S’il me fallait trouver la période approximative de la métamorphose, il me fallait également être prêt à toute éventualité, et avoir une imitation de la chenille, mais également du papillon adulte.

Quelle recherche intéressante ! J’étais complément en transe en lisant des articles sur le sujet, et cependant ma quête restait toujours la pêche à la mouche d’un poisson fascinant comme la truite Fario (Salmo trutta).

Finalement l’ouverture des lacs d’altitude en montagne approchait, et cela se passe habituellement le dernier week-end du mois de Mai ou bien le premier week-end du mois de Juin. Cette ouverture est souvent liée à la fonte des glaces sur les lacs d’altitude, et cette fonte peut varier d’une année sur l’autre. Je me tenais prêt et je fis quelques sorties début juin 2007, sans rien remarquer de particulier.

Je décidais alors de venir sur ce lac chaque week-end, estimant que j’aurais ainsi plus de chance de venir au moment de la métamorphose. Et c’est ainsi que fin Juin 2007, je découvrais les chenilles de Zygaena exulans, disséminées partout sur la végétation très rase, avec quelques rares rhododendrons. Il y en avait une quantité phénoménale, certainement une preuve d’un biotope idéal pour ce papillon d’altitude.

Mon excitation était alors a son comble, car je sentais que je ne pouvais pas manquer la période de la métamorphose. Je regardais attentivement les photographies prises précédemment sur des sujets tardifs, essayant de préparer une imitation au plus proche de ce papillon. Bien sûr, j’avais mon gros sedge noir et rouge qui avait déjà bien fonctionné, mais je souhaitais réaliser un montage un peu plus proche et réaliste de ce papillon.

Je décidais de monter une imitation sur hameçon de 12 (Tiemco TMC 100) avec un sous corps fait en fil noir, puis une chenille noire fine pour faire le corps, et un second passage avec une micro chenille jaune clair en la passant entre les tours de chenille noire, et en l’enfonçant légèrement pour que la couleur s’estompe dans le noir, mais procure néanmoins les légères stries jaunâtres donnant cet effet “annelé” au corps du papillon.

La sous aile était faite avec un cul-de-canard noir bien touffu pour procurer une bonne flottaison, mais pas trop car ces papillons lourds une fois tombés sur l’eau ont une tendance à pénétrer le film de surface facilement, le papillon étant souvent dans la pellicule de l’eau de surface.

Les ailes étaient faites avec des plumes de pintade teintées en rouge, donc les points blancs étaient devenus  rouge grâce à la teinture. Je prenais la peine de vernir le dessous des ailes avant de faire une découpe au ciseau pour imiter la forme des ailes de Zygène au plus proche.

Puis la tête faite en fil noir avec deux antennes faites avec du poil de chevreuil teinté noir.

Au final j’obtenais une mouche plutôt réaliste, avec des proportions correctes, mais cependant une mouche assez “grosse”. Il faudrait sûrement pêcher avec une pointe solide en 16/100, voire 18/100. Il était hors de question de pêcher par temps clair sur une surface limpide et comme un miroir, mais plutôt avoir la chance de bénéficier d’une météo chargée  avec du vent certainement. Les conditions idéales qui fournissent souvent une nourriture additionnelle aux truites farios.

Lorsque l’on pêche à la mouche, les deux premiers atouts indispensable au moindre espoir de réussite, sont l’observation, et ensuite la présentation. En basant votre pêche sur ces deux valeurs essentielles comme base de départ, vous vous assurerez un pourcentage de succès beaucoup plus élevé. Bien entendu tout le reste compte, la préparation du matériel, la technique de lancer, de poser etc… Mais toute cette maîtrise sans observation ni présentation sera probablement et inévitablement vouée à l’échec.

Lorsque l’on pêche à la mouche en lac d’altitude, les truites sont très opportunistes peut être encore plus qu’en rivières. Sur une rivière, les poissons ont des habitudes facilement identifiables, des circuits et des postes faciles à lire pour un pêcheur expérimenté.

Sur un lac, c’est une toute autre approche, il peut y avoir des courants ou très peu, il peut y avoir des arrivées d’eau ou pratiquement aucune, il peut y avoir des arbres ou bien au contraire une végétation rase et éparse. Les poissons suivent souvent les effets météorologiques, les brusques changement sont favorables car ils créent des affluences d’insectes, le vent notamment est votre meilleur allié. En effet, beaucoup d’insectes terrestres comme les petits scarabées, les fourmis, les coccinelles, les sialis seront poussés par le vent, ou bien tomberont de la végétation rivulaire. Et lors de journées ventées, prenez le temps d’observer les bordures car il y a de grandes chances que les plus beaux poissons se tiennent près du bord, prêt a gober sur le moindre signe d’un insecte terrestre tombant de la rive sur l’eau. Avec le temps passé au bord de l’eau et la multiplication des sorties, les bredouilles s’espacent, et une certaine acuité, un certain instinct se développe pour qui se donne la peine.

Je remontais toujours cette longue route vers cet étang d’altitude, avec l’espoir soudé à l’âme, plusieurs fois durant le mois de Juin, puis le mois de Juillet, pour finalement parvenir fin Juillet sur le site au meilleur moment, en plein milieu de la période de métamorphose. Je ne pourrais pas dire à quoi ressemblait la chrysalide, ni même où la métamorphose se produisait, il est parfois préférable de laisser à la Nature certains de ses secrets, par pudeur peut être, mais surtout par respect. J’étais simplement trop fasciné et exultant pour attribuer une quelconque attention en dehors de tous ces papillons disséminés partout sur les rhododendrons mais également la pelouse d’altitude et la végétation basse. C’était hallucinant, il y en avait partout, des dizaines, des centaines, sûrement des milliers !

Ce jour la, fin Juillet 2007, j’avais choisi un vendredi pour être plus tranquille et éviter la circulation routière du week-end. La montagne était vide, encore déserte de ses cohortes de randonneurs du week-end, malgré l’altitude et le caractère austère de ces montagnes, la crête frontalière attirait de nombreux randonneurs les week-ends. La météo était exactement celle que j’avais tant espérée, une météo que j’appelais “fantasque”, lorsque sur une période de quelques heures, la montagne vous offre un spectacle sons et lumières permanent. Vent soufflant a grande vitesse, rafales de vent à décorner un bœuf, brusque changement de direction, et du contenu tombant des nuages furieux, tantôt gris, voire noirs, puis virant au blanc éclatant, parfois au rouge, des averses de pluies, puis de fine neige, voire de grésils ou de petits grêlons. C’était une ambiance apocalyptique, avec des ouvertures ensoleillées comme si les dieux écartaient les nuages pour voir si tout allait bien, avant de tirer le rideau à nouveau et laisser la météo reprendre le contrôle.

Je montais alors ma canne fébrilement, je m’assurais de bien cirer les embouts, je montais mon moulinet, préparais ma ligne, et finalement après avoir monté une pointe en 18/100, j’ouvrais l’une des boîtes à mouches, celle où j’avais méticuleusement et fièrement rangé mes nouveaux montages, mes belles Zygaena…

Je montais l’une des imitations, et avec une certaine délicatesse dans le déplacement, malgré la furie météorologique autour de moi, je m’approchais de la rive et je commençais à observer les flots, la surface démontée du lac, et le moindre signe d’activité. Et malgré toutes les vagues quelquefois violentes, voir des creux de 50 à 70 centimètres sur un lac de montagne n’étant pas commun, je voyais clairement et régulièrement des chasses de surface endiablées, causées par de belles truites farios complètement concentrées sur les retombées de Zygaena sur la surface du lac.

Je prenais alors une grande inspiration, gonflant mes poumons à pleins de cet air vivifiant de la haute montagne Pyrénéenne, en repensant à toute la longueur de ma quête démarrée il y avait plus d’un an.

Je fouettais dans le vent et la pluie, ma canne maladroite sifflant au travers des gouttes et des grêlons, ma ligne était malmenée par le vent et cependant je faisais mon possible pour garder le contrôle, et je posais mon imitation à quelques mètres du bord, fouettant latéralement à la rive sur ma gauche. Il ne fallut pas plus que quelques secondes pour qu’une truite fario vorace s’attaque furieusement à mon imitation, provoquant immédiatement une tirade violente sur la ligne sans aucune nécessitée pour moi de ferrer le poisson, c’était chose déjà faite, et le poisson filait à vitesse grand V vers le large du lac. C’était véritablement une sensation incroyable ! Quelle satisfaction et sentiment d’achèvement ! L’émotion et l’adrénaline m’envahissaient tout entier, mon corps et mon cœur étaient liquides, unifiés tout en un, une explosion émotionnelle alors que je tentais de brider ce poisson magnifique qui partait au large.

Et la journée se déroula comme elle avait commencée, d’émerveillement en émerveillement, chaque lancer était une surprise tant les truites étaient incroyablement affamées sur ces imitations de Zygènes. Cela devenait gênant, c’était comme gagner la tombola à chaque tirage, des poissons plus beaux les uns que les autres, ma pointe en 18/100 avec le gros temps et les vagues ne dérangeait personne… J’étais même obligé de refaire ma pointe après une dizaine de poissons malgré le 18/100, car les attaques répétées et les manqués étaient légion, et il valait mieux assurer quand même. Je devais également changer d’imitation assez régulièrement, soit il fallait qu’elles sèchent correctement, soit elles avaient été partiellement détruites ou passablement endommagées au point de ne plus être valable pour pêcher.

Lorsque je repense à cette journée d’anthologie, je ressens un mélange d’émotions, celle de l’excitation du moment, celle de la montée d’adrénaline, mais également le sentiment profond d’avoir été invité par la Nature à vivre un moment unique, un moment de communion intense et difficilement explicable. L’un de ces moments où durant votre quête de perfection dans votre recherche de la pêche à la mouche parfaite, les points se relient les uns aux autres, et tout d’un coup cela donne un sens à votre quête. Vous avez finalement la sensation d’être arrivé, d’avoir une satisfaction ultime d’achèvement ,comme celle d’avoir finalement trouvé le Graal.

©  Texte et photos Fabien Francés

 

1er avril, je ne pouvais rater ça !

Mais bien évidemment, ces deux publications étaient des FAKES..🤣

Mugs personnalisés

Bonjour à tous,

l’idée me trottait depuis fort longtemps, de personnaliser des Mugs avec mes photos, que j’ai détourée et mise en scène sur ces bols. Et pour agrémenter le tout, j’ai mis des extraits de livres de John Gierach , né dans l’État de l’Illinois en 1946, auteur américain de récits de pêche et pêcheur à la mouche.

Donc, ces Mugs sont à la vente pour une modique somme de 8€, autant vous dire que je ne tire pas un grand bénéfice de cette vente, c’est juste pour  rentrer dans mes frais.

Pour passer commande, c’est simple, vous indiquez le nombre et le modèle sur le formulaire de commandes et vous réglez par Paypal.